28.01.2009

quant à cette nuit

Nuit des chiens, nuit des loups
À notre dame de la nuit
Quelques fragments d’une histoire

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Entre couleur et douleur
Tout un linéament se forme
Se déforme afin de laisser une place
Rien qu’une
Pas grand' chose


Mais certainement plus qu’un soupir :
Voilà ce qu’il y a de vivant
Voici ce qu’il y a de vain
Quant à cette heure de nuit
Je vous invite au sommeil du juste.         

30.11.2008

Quand, au départ ...

Voici ce qui est écrit :
« Pour juger encore mieux des petites perceptions (…) j’ai coutume de me servir de l’exemple du bruit de la mer, dont on est frappé quand on est au rivage. Pour entendre ce bruit il faut bien qu’on entende les parties, qui composent ce tout, c’est-à-dire le bruit de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaître que dans l’assemblage confus de tous les autres ensemble (…). Car il faut qu’on soit affecté un peu par le mouvement de cette vague et qu’on ait quelque perception de chacun de ces bruits, quelques petits qu’ils soient… »

Leibniz : La Monadologie ; Les perceptions insensibles.

Il en va de même pour la mémoire du grain de sa peau.


quand, au départ 18.jpgSon corps toujours se présente à moi que comme un déploiement qui me montre le chemin de son être.
Le grain de sa peau, de son corps, forme pour moi l’assemblage d’un territoire que je sais par avance irréductible. Cela me plaisait, me fascinait.
Aussi étais-je toujours étonné, impressionné, à l’idée que ma relation avec elle fusse l’invitation à un voyage dont je savais d’avance que la destination était non pas là-bas mais ici, toujours.
Aujourd’hui encore, l’histoire continue. J’ai les traces de sa peau qui s’étirent et m’envahissent. Je conjugue par force de désespoir le grain de sa peau avec celui du papier et j’y retrouve à chaque fois l‘irrésistible mystère ; au-delà de la perte, de l’abandon.

Parce qu’il ne m’est pas possible de faire d’une autre manière.   
Parce qu’avec le papier, avec le grain, le pigment, je m’efforce à rendre compte d’une réalité qui va bien plus loin qu’une simple représentation imaginaire.
Il y a des variations infinies : il suffit de le savoir pour penser le mouvement comme un
présent départ .

16.11.2008

Persona et la froide beauté du silence

Lorsque la parole n’est plus possible, lorsqu’elle s’enfonce dans les profondeurs de la gorge : voilà le drame qui commence.

persona 8.jpgSi au départ la parole d’Elisabeth se perd dans l’hystérie d’un rire, elle laisse place à un autre langage qui ne se veut plus audible, une volonté farouche à se taire.
La relation qui s’installe entre l’infirmière Alma (qui pressant un danger dès la première rencontre) et Elisabeth va être pour l’une comme pour l’autre une vertigineuse descente aux enfers.
Tout se passe ainsi, le silence invite la parole, la confidence, la confiance… Alma va raconter ce qu’elle a de plus secret en elle dont les conséquences ne peuvent se mesurer qu’à l’aune de « la trahison » de celle qui se terre dans le silence et observe, considère et analyse finalement par le biais d’un courrier...


Dès lors, la parole d’Alma devient une arme dont elle va se servir avec une impressionnante rage et désarmante maladresse… Où commence la blessure ? Jusqu’où ira la douleur ? Les plans fixes du film délogent les personnages, les inversent. Alma se perd dans le silence d’Elisabeth qui, elle-même est prise au piège de son propre jeu, de son ultime personnage qu’elle ne quittera que lorsqu’elle en aura fait le tour complet… deux personnages pris au piège, aussi isolés que l’île sur laquelle les deux femmes vont s’affronter, s’aimer et se haïr sans retenue. Il serait injuste de voir dans ce film de Bergman une fable à vocation morale. Bergman, un des plus grand cinéaste des passions, ne fait ici que retravailler sur la résistance, l’opacité poreuse du corps d’où s’épuisent les sentiments et leur confusion. Que  l’on songe au film : « Le Silence » réalisé en 1963 puis : « Cris et chuchotements» en 1972 et l’on verra dans ce film tourné en 1966 le lien idéal pour un prodigieux triptyque

15.11.2008

ELLE S'OFFRAIT


Elle s’offrait …

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mais savait-elle précisément tout ce qu’elle donnait à ce moment là ? P1010006.JPG Savait-elle que de mon œil passant par mon âme, puis par mes sens et enfin par le tracé j’avais le pouvoir étrange, absolu et inconditionnel de retrouver précisément le chemin de sa peau sans que j’eusse nullement besoin de sa réelle présence. Que tout d’elle, qu’elle-même : dans l’ailleurs où elle se trouve, peut-être en train de lire, peut-être en train d’aimer et d’être aimée ; dans le fond de son corps, de son être, sans le savoir, sans le soupçonner, elle s’offrait de nouveau de façon effective et profondément concrète.  Il eût fallu pour cela, il faut qu’elle sache vraiment qui la regardait, qui l’écoutait, la touchait enfin… était-ce seulement possible… imaginable… C’est comme développer le même « cliché » d’une même pellicule à l’infini.

14.11.2008

PETIT CONSEIL DE DESCARTES A L'USAGE DES " BIENVEILLANTS"

Je savais que tu me refuserais 7.jpg … Ou peut-être l’erreur, afin de nous en garder, et quelles sont les notions qui peuvent être connues avec certitude, afin de les appliquer à elles seules, il nous faut admettre ici comme plus haut, certaines choses qui peut-être ne sont pas acceptées par tout le monde, mais peu importe qu’on ne les croit pas plus vraies que ces cercles imaginaires avec lesquels astronomes décrivent leurs phénomènes…


Descartes : Principes.

12.11.2008

CRAYON

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Crayon-gomme...

SECOND CRAYON ET LA SUITE ...

Le crayon gomme comme le rayon...

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sur un bout de papier...
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Entre mes doigts.
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09.11.2008

La Figure, c’est la forme sensible rapportée à la sensation

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GILLES DELEUZE FRANCIS BACON : LA LOGIQUE DE LA SENSATION.

« Il y a deux manières de dépasser la figuration (c’est-à-dire l’illustratif et le narratif) : ou bien vers la forme abstraite, ou bien vers la Figure. Cette voie de la Figure Cézanne lui donne un nom simple : la sensation. La Figure, c’est la forme sensible rapportée à la sensation : elle agit immédiatement sur le système nerveux, qui est la chair. Tandis que la Forme abstraite s’adresse au cerveau, agit par l’intermédiaire du cerveau, plus proche de l’os. Certes Cézanne n’a pas inventé cette voie de la sensation dans la peinture. Mais il lui a donné un statut sans précédent. La sensation, c’est le contraire du facile et du tout fait, du cliché, mais aussi du « sensationnel », du spontané…etc. La sensation a une face tournée vers le sujet (le système nerveux, le mouvement vital, « l’instinct », le « tempérament », tout un vocabulaire commun au Naturalisme et à Cézanne), et une face tournée vers l’objet ( « le fait », le lieu, l’événement).

Ou plutôt elle n’a pas de faces du tout, elle est les deux choses indissolublement, elle est être-au-monde comme disent les phénoménologues : à la fois je deviens dans la sensation et quelque chose arrive par la sensation, l’un par l’autre, l’un dans l’autre. Et à la limite, c’est le même corps qui la donne et qui la reçoit, qui est à la fois objet et sujet. Moi spectateur, je n’éprouve la sensation qu’en entrant dans le tableau, en accédant à l’unité du sentant et du senti (…). La couleur est dans le corps, la sensation est dans le corps, et non dans les airs. La sensation Est-ce qui est peint. Ce qui est peint dans le tableau, c’est le corps non pas en tant qu’il est représenté comme objet, mais en tant qu’il est vécu comme éprouvant tel sensation (ce que Lawrence, parlant de Cézanne, appelait « l’être pommes que de la pomme »).

27.10.2008

Une histoire d'huile

Quelques traces

presque rien

juste l'amorce posée

qui s'offre à devenir

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17.10.2008

de la lumière avant toute chose

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La qualité du mouvement

Si l'oeuvre a pour fonction d'évoquer le réel, il lui est alors possible, sachant qu'il ne s'agit là que d'évocation et non de représentation, de sortir du champ-visible afin de donner à voir cette "autre chose" qui la distingue de l'illustration.