09.11.2008
La Figure, c’est la forme sensible rapportée à la sensation
GILLES DELEUZE FRANCIS BACON : LA LOGIQUE DE LA SENSATION.
« Il y a deux manières de dépasser la figuration (c’est-à-dire l’illustratif et le narratif) : ou bien vers la forme abstraite, ou bien vers la Figure. Cette voie de la Figure Cézanne lui donne un nom simple : la sensation. La Figure, c’est la forme sensible rapportée à la sensation : elle agit immédiatement sur le système nerveux, qui est la chair. Tandis que la Forme abstraite s’adresse au cerveau, agit par l’intermédiaire du cerveau, plus proche de l’os. Certes Cézanne n’a pas inventé cette voie de la sensation dans la peinture. Mais il lui a donné un statut sans précédent. La sensation, c’est le contraire du facile et du tout fait, du cliché, mais aussi du « sensationnel », du spontané…etc. La sensation a une face tournée vers le sujet (le système nerveux, le mouvement vital, « l’instinct », le « tempérament », tout un vocabulaire commun au Naturalisme et à Cézanne), et une face tournée vers l’objet ( « le fait », le lieu, l’événement).
Ou plutôt elle n’a pas de faces du tout, elle est les deux choses indissolublement, elle est être-au-monde comme disent les phénoménologues : à la fois je deviens dans la sensation et quelque chose arrive par la sensation, l’un par l’autre, l’un dans l’autre. Et à la limite, c’est le même corps qui la donne et qui la reçoit, qui est à la fois objet et sujet. Moi spectateur, je n’éprouve la sensation qu’en entrant dans le tableau, en accédant à l’unité du sentant et du senti (…). La couleur est dans le corps, la sensation est dans le corps, et non dans les airs. La sensation Est-ce qui est peint. Ce qui est peint dans le tableau, c’est le corps non pas en tant qu’il est représenté comme objet, mais en tant qu’il est vécu comme éprouvant tel sensation (ce que Lawrence, parlant de Cézanne, appelait « l’être pommes que de la pomme »).
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Fabienne au présent... Toujours...
C’est toujours l’ébauche. L’histoire est toujours ébauchée : elle ne se termine jamais…
De même son portrait, au-delà de moi, au-delà d’elle ne cesse de se décliner,, parfois douloureusement… Quand bien même
Par la peinture je produis de nouvelles rencontres dont l’essence se perd, se délite, puis finalement s’inscrit, s’incarne presque. C’est bien au présent que cela se passe. Peut importe finalement l’éloignement, la disparition.
Quand bien même y aurait-il quelque chose de vain ! Au bout du compte, au bout des mouvements qui s’informent je finis toujours par la retrouver, ne serait-ce qu’imperceptiblement ; au-delà d’elle, au-delà de moi…
Je recommence donc. Peut-être ne sont-ce que des chimères, des parcelles de son être que je m’efforce de retrouver… Quand bien même
Je compte sur l’alchimie du trait et de la tache : ces petits espaces de couleur différente dans un ensemble de couleur uniforme…
Je compte sur le substrat que ma peau garde d’elle, ma peau dis-je, non ma mémoire. Je ne peins pas avec des souvenirs évanescents mais avec des traces que rien, ni le temps, ni l’espace ne peuvent effacer.
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07.11.2008
DANS LE PAYSAGE
Entrer dans le cœur de la peinture comme dans celui d’un paysage. Laisser ainsi le débordement se faire. Les traces du pinceau rendent à quelque chose d’enfoui, de primitif.
A la puissance fragilisée de la nature j’impose la force d’une trace qui ne se trouve qu’en moi. Ce n’est que dans le rapport entre mon geste, le mélange de l’huile, son débordement interne qu’il est possible de donner au tableau l’opacité, les méandres et le mystère d’un élément qui étaient oublié : celui d’une nature qui reste indomptable, indomptée. Si le peintre accepte la condition a priori d’un « laisser faire » il sort de ses propres limites et il rompt du même coup celle du spectateur.
Le mouvement du trait, sa rupture, sa conjonction sans cesse répétée permet d’accéder au vieux labyrinthe dans lequel j’invite à se perdre.
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